Mon histoire (Chapitre 3)

#30 Pour t'apprendre à structurer une autobiographie đŸ—Łïž

Yo ! âœŠđŸŸ

Merci. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit.

Pour la simple bonne raison que tu me lis. Cet acte n’est pas des moindres. Surtout dans un monde constamment en mouvement, oĂč les technologies nous distraient.

Merci à toute la communauté RHETORICATOR !

Comme d’habitude, pour les nouvelles et les nouveaux de la bande voici le groupe privĂ© sur TĂ©lĂ©gram, oĂč chaque semaine nous effectuons des challenges pour progresser Ă  l’oral.

Tu verras ici quelques éditions classiques notamment le chapitre 1 et 2 de ma bio dont la présente édition fait suite :

Let’s goooooo !

INTRODUCTION

Dans ce travail diariste et introspectif, j’apprends.

J’apprends Ă  ĂȘtre moi.

En revisitant mes blessures et mes joies Ă  travers ces lettres.

La confiance m’a toujours accompagnĂ© !

Continuons ce voyage.

Du moins mon atterrissage en France.

Lectuuuuuure !

CHAPITRE 2 - L’ITINERAIRE D’UN BLEDARD

Intégration inclusive

Le coup de foudre de mes deux derniĂšres dĂ©cennies est la rencontre avec elle. Complexe Ă  aborder et simple Ă  approcher, elle m’inspire romantisme et poĂ©sie dans son parlĂ©. On identifie en elle une exigence et une rigueur dans les rĂšgles, et on l’envie pour sa prospĂ©ritĂ© culturelle. J’ai 6 ans, et je suis en CP dans une classe spĂ©cialisĂ©e pour comprendre l’énigme grammaticale de celle-lĂ . Vous l’aurez compris, elle, c’est la langue française.

ArrivĂ©e avec un bagage anglo-saxon garni de simplicitĂ© et de flexibilitĂ©, je dois me confronter aux illogismes de cette Ă©trangĂšre langue. Et je vous promets, que face Ă  l’incomprĂ©hension qu’elle m’inspirait, elle m’a fait pleurer maintes fois.

Des larmes de dĂ©sespoir, ou d’affliction ? Non. PlutĂŽt des larmes de dĂ©termination qui puisent leurs facteurs de motivation dans les moqueries des autres, ma frustration intĂ©rieure et l’aviditĂ© pour l’apprentissage qui m’anime. 

En seulement 6 mois et quelques jours, aprĂšs plusieurs lectures laborieuses et d’innombrables coups de rĂšgle Ă  la main (par ma mĂšre), je rĂ©ussis enfin Ă  ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un individu normal par mes pairs. DĂ©sormais, je ne suis plus un blĂ©dard Ă  leurs yeux. Et Dieu seul sait, ĂŽ combien ce statut est d’une grande humiliation. Cela dit, je vis toujours les ruines statutaires par quelques mots qui m’éprouvent dans la prononciation correcte sans y ajouter un « drĂŽle d’accent Â».

Oui, « Tu as un drĂŽle d’accent Â», voilĂ  ce que ne cessent de me rĂ©pĂ©ter sadiquement mes camarades de classe. Jusque-lĂ  j’ai eu pour habitude de prononcer mon nom avec la phonĂ©tique anglaise, « Cheydreyyyk Â». Une incomprĂ©hension manifeste d’entendre des rires Ă  chaque appel de classe lorsque je tente de corriger la maĂźtresse ou le maĂźtre qui Ă©corche sa sonoritĂ©.

DĂ©sormais comme je suis bien intĂ©grĂ©, je dois appeler ma propre personne « ChAAdrAAck Â» comme on le lirait avec un pur accent français. Semblable Ă  mes pairs du cercle scolaire, l’endroit dans lequel je passe une majeure partie de mon temps, je me sens de mieux en mieux dans ma peau.

PoĂšte anonyme

La suite de l’Histoire d’Amour voudrait que je vous narre mes premiĂšres tentatives de rĂ©daction personnelle. RĂ©servĂ© sans ĂȘtre timide, durant l’école Ă©lĂ©mentaire, j’ai eu beaucoup de « n’amoureuses Â» discrĂštes. Toutes les fois, que le bĂ©guin faisait fredonner mes entrailles, l’élue de mon cƓur m’inspirait quelques poĂ©sies et quelques lettres d’amour. Malheureusement, ces derniĂšres ne me rencontreront jamais dans ces circonstances sentimentales car je prĂ©fĂšre faire de ces illustrations poĂ©tiques mon secret de Polichinelle.

Je prenais plaisir Ă  repĂ©rer l’adresse du domicile de ces Ă©lues, par l’observation constante pour ne pas dire l’espionnage de ces derniĂšres et ensuite il m’arrivait souvent d’avoir le courage de dĂ©poser ces lettres dans la boĂźte aux lettres de leur famille. Je prenais le soin d’anonymiser toutes ces lettres, tant dans la calligraphie que dans les erreurs de langages et pour cela je n’ai eu de meilleur refuge que l’écriture stylistique et les rimes.

C’est vrai ! Qui d’entre-elles auraient admis qu’un individu tout fraichement ex-blĂ©dard pourrait jouer avec la Langue de MoliĂšre de la sorte ? Personne.

Et c’est ainsi que mes palpitations amoureuses trouvaient leur satiĂ©tĂ©, par l’expression Ă©crite. Ironiquement, j’essaie aujourd’hui d’imaginer la rĂ©action des parents de ces Ă©lues lorsqu’ils ouvraient la boĂźte aux lettres.

Ces Ă©crits sont-ils arrivĂ©s entre les mains des rĂ©elles destinataires ? Ont-elles souri Ă  la lecture ces Ă©loges ? Cherchent-elles encore aujourd’hui l’identitĂ© de ce garçon romantique ? Malheureusement ces questions n’auront jamais de rĂ©ponses dĂ©finitives.

Sous-France juvénile

A la maison, ma mĂšre nous parle en Français pour nous former Ă  demain. Cela dit, elle s’énerve en lingala et parfois en « portugais angolais Â». Et elle prie souvent en anglais. C’est donc dans un cadre domestique multiculturel que mon identitĂ© de prĂ©-adolescent trouve quelques Ă©lĂ©ments signifiants pour son Ă©dification. GrĂące Ă  ma sensibilitĂ© littĂ©raire et mes passions musicales, mon rapport au langage se diversifie.

Ce qui va vite embrouiller la construction de ma personne, ce sera la multiplicitĂ© des injustices sociales observĂ©es. Dois-je le rappeler ? [
]

En attendant la suite de mon autobiographie ! Fais-moi savoir dans le groupe privĂ© sur TĂ©lĂ©gram si le prĂ©sent mail t’a plu.

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N’oublie pas, voici ce qui s’offre à toi si tu souhaites aller plus loin :

A toi de te donner les moyens pour influencer le monde avec tes mots.

A trĂšs vite !

Chadrack Ilanga

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