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Pourquoi et comment employer les silences à l'oral ?

#24 Pour ne plus jamais mépriser le bruit 🗣️

Yo ! ✊🏾

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La communauté RHETORICATOR est désormais une population de presque 700 individus. De là où tu me lis, je te remercie 700 fois ! Comme quoi, il n’y a pas de secrets à la réussite, si ce n’est la régularité et la persévérance.

J’espère que la lecture régulière de mes conseils, te permet de vivre aussi une progression à l’oral. Il n’y a pas de secrets pour cela également, c’est la pratique et la témérité.

Tu viens de rejoindre l’équipe ? Voici 2 informations importantes pour toi.

La première concerne le groupe privé sur Télégram, où chaque semaine nous effectuons des challenges pour progresser à l’oral.

La seconde, est l’accès aux archives des précédentes éditions sur la plateforme RHETORICATOR. Je te mets quelques sujets ici :

Allons-y !

INTRODUCTION

“Si le silence tu l’as bien maîtrisé, le bruit tu ne l’as pas méprisé.”

En tant que juré, je m’adresse à Stacy, la lauréate d’un concours d’éloquence.

Juste avant de formuler cette phrase, je pense être resté plus de 10 secondes sans parler.

J’ai soupiré comme pour exprimer un état d’extase. Ensuite me sont venus ces mots.

Eddie Murphy Shut Up GIF by Bounce

“Silence.”

Les gens me diront par la suite, que j’avais amené un climat différent dans la salle.

J’étais sûr qu’au-delà des rimes et des mots sélectionnés avec artistisme, c’était ce qui se trouvait entre eux. Le silence.

Je dirai même, les silences.

Dans cette édition, je vais te partager les vertus de ce que l’on appelle “aposiopèse” dans un langage rhétorique. Si tu souhaites maîtriser les silences comme un maître Jedi, lis ça !

CE QUE TU LIRAS DANS CETTE EDITION

1 - Il suffit de tendre l’oreille

2 - Les fonctions du silence dans une conversation

3 - L’autorité de Nelson Mandela

1 - IL SUFFIT DE TENDRE L’OREILLE

Tu ne parles jamais sur le “vide”.

Au même titre qu’un écrivain rédigerait ses pensées sur une feuille vierge, toi tu parles sur un support qu’est le silence. Tu ne peux pas l’échapper et tu ne peux le rendre inaudible.

Oui, le silence est le bruit de l’esprit serein. C’est pourquoi, il est détestable pour celui qui est épris d’une anxiété envahissante.

Il suffit de tendre l’oreille et prendre conscience de l’omniprésence du silence.

Faisons un exercice ici. Combien de temps ont duré les silences dans cette allocution au total ?

As-tu conscience que dans un bon discours de 10 min, on peut compter 2 minutes cumulées de silences facilement ?

Alors la première question est certainement la suivante : A quoi bon sert de ne pas parler alors que l’on fait tout l’inverse ?

Nous verrons les différentes fonctions du silence dans la 2ème partie de cette édition.

Avant tout, faisons un rappel rhétorique.

Parmi toutes les figures existantes dans le monde des techniciens de l’oralité, il existe l’aposiopèse.

C’est une figure de rhétorique désignant un arrêt brusque et impromptu dans un discours. Notons, que loin d’être aléatoire, il est en vérité provoqué délibérément par l’oratrice ou l’orateur.

2 - LES FONCTIONS DU SILENCE DANS UNE CONVERSATION

Au regard des multiples situations dans lesquelles les silences peuvent être utilisés, accordons un regard holistique.

Ceci, en précisant les contextes spécifiques de conversation ou de discours.

En nous mettant dans une discussion collaborative où chaque partie tente de traiter un problème commun. Que cela soit une réunion professionnelle, un débat à l’assemblée nationale ou un affaire familiale.

1 - Les silences peuvent être ponctués par le fait d’écouter les propositions de tout ton entourage. Ce n’est qu’à la fin que tu prendras la parole. Par effet de réciprocité, les personnes présentes vont t’accorder une écoute qualitative.

2- Aussi, les silences peuvent faire l’objet d’un emploi dans ta manière d’écouter. Sans te sentir obligé de couper la parole. Ni même de réagir avec véhémence. Juste écouter. Cela inspire de la stabilité et de la sérénité. Et cela embellit ta stature.

3 - Pour attirer l’attention vers toi, tu peux faire suivre une phrase interrogative ou exclamative par un silence. Par exemple : “Je ne vous ai pas dit !…”.

4 - Avant de répondre, se donner minimum 5 secondes de silence. Cela marque une transition tangible qui ne laisse pas indifférent. De ce fait, tes interlocuteurs auront un regard particulier sur ce que tu diras. Et tu paraîtras plus réfléchi que les autres.

5 - Dans un contexte conflictuel où les égos s’effritent, les silences peuvent avoir un certain charisme et une autorité.

3 - L’AUTORITE DE NELSON MANDELA

Dans un discours, les silences font intrinsèquement partie celui-ci. Encore faudrait-il qu’en tant qu’orateur, tu te l’imprègnes correctement ?

Nous allons nous baser sur une interview de Nelson Mandela en 1990, où il s’est positionné comme un discoureur à chaque réponse aux questions posées. Ceci tout en appliquant la majorité des fonctions mentionnées dans la précédente partie. Voyons ce qu’il apporte en plus !

1 - Dès la première réponse (1’13), nous voyons une fonction essentielle des silences. Celle de rythmer ses dires. En effet, là Nelson Mandela, par un jeu de variation de sa tonalité, nous apporte artistiquement une réponse ferme. Il emploie également les silences rythmiques lorsqu’il énumère les noms de ses alliées politiques (2’10). On croirait qu’il annonce des titres de films.

Se forcer à formuler des phrases courtes et les séparer par des silences convenablement ponctués. Telle est la manière d’imposer un tempo à son auditoire.

2 - “[…] their ennemies should be our ennemies !” (1’27) ou encore “our attitude towards any country is determined by the attitude of that country to our struggle !” (1’49) ce sont des punchlines que Mandela souhaite appuyer.

Alors, il les fait souligner par un silence concluant. S’il est vrai, qu’à l’oral il est impossible de surligner littéralement. Grâce aux silences, on peut faire résonner ce que l’on dit dans la conscience de l’auditoire.

3 - En faisant abstraction des multiples applaudissements que son discours reçoit, voyons la fonction de transition des silences. C’est-à-dire, faire comprendre à son auditoire qu’il est passé à une partie différente de son développement.

Généralement, on peut sentir que chaque réponse est bien claire et située.

4 - Intrigue. Un seul mot pour savoir comment maintenir l’attention de son public. Et ceci grâce aux multiples silences. Dans la deuxième partie de l’interview (6’37), Nelson Mandela se lance dans une langue réponse. Il la soutient par plusieurs pauses. On en compterait pas moins d’une dizaine.

Et notons ce moment ironique où il finit sa réponse, tout en laissant le journaliste figé (11’16). Et il conclut avec de l’humour “I don’t know if I paralyzed you !”.

En attendant la semaine prochaine pour la prochaine édition ! Fais-moi savoir dans le groupe privé sur Télégram si le présent mail t’a plu.

Pour rappel, gagne des points de réduction et des accès privilégiés en partageant RHETORICATOR à ton entourage.

N’oublie pas, voici ce qui s’offre à toi si tu souhaites aller plus loin :

A toi de te donner les moyens pour influencer le monde avec tes mots.

A très vite !

Chadrack Ilanga

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